Nazgul

Un blog d'humeurs sensuelles et sensorielles

Tag - sensitif

Fil des billets - Fil des commentaires

Voix

Je crois qu'une femme serait capable de me séduire que par sa voix.
Teintée d'un accent (plutôt italien),
douce ou bien un tout petit peu grave ou cassée.
La forme y est pour beaucoup mais elle ne serait rien sans le fond.
Avoir quelque chose à dire et le dire posément.
Mais tout en contraste aussi.
Sentir l'émotion amener des trémolos
et un haussement dans le ton, jusqu'à exploser en furie.
Dans les plus belles tempêtes furieuses et colériques.
Et tout savoir calmé d'un mot aussi ou d'un regard.
Maîtriser sa voix en somme,
savoir utiliser cet organe et en jouer.
Certainement que ce serait une voie pour m'atteindre...

Changing...

Comme on dit, quand tu as l'impression que tout le monde change autour de toi,
c'est bien toi qui change en fait.

Avant, je connaissais ces périodes où mes sens me surchargent
et je savais quand j'étais en plein dedans, donc je m'isolais un peu le temps
de retrouver un calme relatif intérieur.
Maintenant, je ne sens plus le passage dans ce mode pourtant je suis bien dedans
d'après le "comment je prend les choses".
Mais c'est comme si j'avais droit à un dédoublement de personnalité, car l'autre part
et d'un calme olympien, calme que je n'avais jamais connu avant.
Etrange et je ne sais pas vraiment comment m'adapter pour faciliter
la transition si c'en est une.

Je n'envisage pas même les solutions à adopter, pas même si elles existent.
J'ai deux idées en particulier, triviales, pour au moins diminuer l'affectation
de ma part chaotique.
Mais cela ne résoudra pas le problème du changement.
Car si c'en est un, il affecte mes bases les plus fondatrices,
bases que je pensais immuables, lumières et port d'attache.
J'espère que c'est un dérèglement temporaire, je devrais pouvoir le savoir assez vite
pourvu que le temps me le permette...

Echange

L'instant, juste en quelques secondes...
ma tête à dix milles lieux de là...
sur un trottoir parisien...
elle et moi en discussion avancée avec notre collègue respectif
nous croisons nos regards.

Nous nous "reconnaissons" bien que jamais vus.
Sensation étrange, non pas la sensation familière de "déjà vu",
pas non plus un véritable souvenir que je n'arrive pas à situer
dans l'espace ou le temps,
pas vraiment non plus un coup de foudre mutuel,
bien que je l'ai regardé initialement parce qu'elle me plaisait.
Complètement autre chose, comme si nous nous connaissions d'ailleurs,
comme si une part de nous mais inconnue serrait la main à l'autre.
Quelque chose comme si nous faisions parti de la même "société secrète",
c'est cette part de reconnaissance qui m'a heurté de plein fouet.

Je sais que cela a été mutuel car l'échange de regard a duré trop longtemps
(tout est relatif) pour que cela ne soit pas partagé.
Je n'aurai même pas pu placer un "je vous connais non ?"
car je sais parfaitement que je ne l'avais jamais vu.
Est ce qu'un "nos âmes se connaissent non ?" aurait pu faire l'affaire...

Sans tomber trop dans l'irrationnel, c'est une sensation très étrange,
peut être due à un court circuit passager de deux neurones.
Dans tous les cas et dans mes contacts avec les autres,
elle a initié une nouvelle catégorie, ni "séduction", ni "charme", ni "connaissance",
ni "ami", ni "famille", mettons le terme "secret" bien que je n'aime pas les labels.


Succube

Était ce le souffre des allumettes craquées pour chasser l'odeur des corps en fusion
ou un avant goût de la doucereuse odeur de l'enfer d'où elle était sortie pour la nuit ?
Tout ce que je sais c'est qu'elle irradiait une aura délétère et inflammable au possible.
Ces grands yeux noirs transperçaient les malotrus ou violentait mon âme d'un vide délicieux.
Son entourage flirtait avec la déchéance, les âmes damnées et les anges déchus.
J'avais rarement ressenti un tel danger de me brûler les ailes à la chaleur de son parfum.
Moi qui me considère comme capable des plus sombres abîmes en y mettant le prix,
j'étais un amateur, un ange virginal de la pensée noire.
Tout mon esprit révolté criait au danger,
avec cette délicieuse tentation qu'émet cette sensation.
Comme un papillon attiré par la lumière qui ne s'aperçoit que trop tard
que cela n'est pas lumineux et froid mais une flamme vive et mortelle.
Son tatouage au bras, rouge et noir, m'intriguait car je n'y reconnaissais pas une marque connue.
J'y cherchais peut être trop intensément une signe cabalistique obscur ou un pentacle d'invocation.
Ces traits métissés et ses yeux en amande rajoutait à l'ensemble
et lui donnait l'apparence d'une déesse égyptienne,
peut être la convoitée d'Anubis, pour respecter le coté sombre de son aura.
Il n'y eut qu'un sourire à l'attention d'un de ses amis qui la fit regagner le règne humain
et choir de son statut de succube patentée.
Bien que l'ayant déjà vu, cette sensation était nouvelle et tellement forte qu'elle m'a marqué.

Il y a longtemps...

Il y a longtemps que je n'ai pas pris le métro.
J'observe tous les gens, repère les jolies filles, nombreuses.
Je souris quand je vois une nana, qui ressemble à E, plutôt classe en chemisier blanc sous un petit gilet gris,
mignonne avec son sourire en coin, essayait de s'isoler pour se rouler son splif
sous le regard désapprobateur d'un couple de jeunes bourgeois
aussi coincés que leurs têtes d'enterrement le laisse paraître.
J'observe les publicités, en remarque une qui me fait penser à M. avec cette femme
ayant un visage tout en lignes droites ce qui lui donne un coté dur mais vraiment charmant,
ces yeux semblent regarder dans le vide.
Zut, trop tard, je n'ai pas vu pour quel produit c'était, m'est ce vraiment important ?

Les stations défilent au rythme de ma chanson préférée du moment, mise en boucle.

Je sors du métro et avant que la première goutte mouille la clope,
je l'allume et la garderai protégée dans ma main.
Je ferme mon blouson maintenant que mes mains sont libres, la clope au bec un instant,
relève le col et commence à sentir la pluie pénétrer mes vêtements et ruisseler sur mon visage,
s'accrocher à mes sourcils et continuer leurs parcours pour me mouiller définitivement.
Je ne presse pas le pas, je n'ai jamais vu une personne fondre comme un sucre en une nuit d'orage.
J'apprécie toutes ces gouttes et le paysage qu'elles m'offrent.
Il y avait longtemps aussi que je n'avais pas senti la pluie sur mon visage, ça fait du bien.
La musique dans mes oreilles comble à la perfection l'ambiance
et remplace les bruits usuels de Paris endormie.
Je suis resté trop peu de temps sous la pluie, je suis en manque de ces nuits pluvieuses.
Je tente de prolonger les émotions, en me mettant sur la terrasse, à écrire ces lignes pendant que dehors
l'orage continue de grogner.