...quand l'économie mondiale s'est effondrée...

Il nous était impossible, à l'époque, d'imaginer ce qu'il s'est passé.
Les signes précurseurs étaient violents mais rien ne laissait présager un
tel bouleversement.
Comme la grenouille de l'allégorie, plongée dans un bain d'eau froide que l'on chauffe
petit à petit, ne se rend pas compte qu'elle boue.
Il n'y a que notre vision actuelle qui nous a permit d'analyser les différentes étapes
de la catastrophe.
Je crois qu'avec le recul on peut affirmer que tout a commencé par la spéculation.

Dans le climat de terreur de la théorie sur le réchauffement climatique s'est posé le
problème des ressources et des énergies, leurs liaisons avec le changement
climatique, leurs amenuisements et leurs fins proches.

Tous les pays étaient dépendants du pétrole et de joyeux traders se sont mis à spéculer
sur  la disparition prochaine de cette ressource, pourtant de nouveaux gisements étaient
découverts (Brésil, Nigéria...) et les scientifiques n'avaient qu'une idée imprécise de leurs
capacités.
Le cours du brut s'est envolé, en un an le prix du baril avait doublé entrainant une myriade
de conséquences (hausse des couts des transports reportée sur les produits acheminés,
hausse du cout de l'essence à la pompe...)

Puis vint la spéculation sur les céréales, une mauvaise récolte dans un pays, un
changement de culture au bénéfice de céréales pour de l'énergie bio... Les cours se sont
affolés en quelques mois, les cours du lait, du riz, du mais... ont été multiplié par des
facteurs extravagants.
On a vu apparaitre des émeutes de la faim dans les pays dépendants de l'importation car
ayant abandonnés leurs cultures vivrières au profit d'une occidentalisation de leurs mode de
vie et de l'alimentation qui va avec.

La spéculation sur les cours ou sur les futurs prix ne semblait pas vouloir s'arrêter
des sommes astronomiques d'argent changées de mains pendant que les ventes
transformaient la spéculation en une inflation galopante.
Toute la chaîne de distribution se graissait outrageusement au passage, l'état n'était pas
en reste. Une manne tombée du ciel qui permettait de rembourser les dettes accumulées
sur la vie à crédit qui avait été le leitmotiv des années précédentes, y compris pour l'état.
Mais l'argent n'apparait pas par la grâce divine, il change simplement de mains
et là, toute l'économie puisait dans les poches des consommateurs finaux,
et ils l'étaient à plus d'un titre.
Il y a du y avoir un tournant, en France, quand les crédits n'ont plus été donné à tout va
et que, par la force des choses, il a fallu mettre en place le principe de faillite personnelle
des Etats-Unis. Les gens se trouvaient en cessation de paiement, pas de bon grès ou par
manipulation, mais par la force des choses.
Doucement mais surement, la cessation de paiement a regrimpé toute la chaîne qui avait
amené par le même chemin l'inflation.
Les banques et assurances, qui servaient de tampons pour éviter ces
"retours de flammes", se sont faites débordées par le tsunami et sont rentrées dans la
même tourmente. Toutes liées par des contrats d'aides ou de compensations, il y a eu
un effet domino qu'on n'avait pas vu depuis la crise précédente des subprimes.

Comme un château de cartes, toute l'économie s'est effondrée dans un chaos indescriptible.
Il a fallu à tous les pays des mesures radicales, une collaboration mondiale et une refonte
complète des principes économiques pour sauver ce qui pouvait l'être.

Car la virtualisation des échanges, la spéculation... nous avait fait oublié que derrière
le cours du kilo de riz ou du baril de pétrole, il y a l'Homme.